17 février 2013

Anecdote karmique

Capilano, Vancouver; photographe inconnu

J’écoute «Chants de liberté» à la Première Chaîne de Radio Canada.
Un documentaire passionnant disponible sur le web :  
http://www.radio-canada.ca/emissions/chants_de_liberte/2012-2013/a_propos.asp

Sommaire 
Dans cette série de cinq épisodes, Stanley Péan et André Champagne retracent, en parallèle, l'histoire du mouvement noir aux États-Unis ainsi que l'histoire du jazz, du blues et du soul. Ces trois formes d'expression musicale ont non seulement incarné l'art et la culture des Noirs américains, mais elles représentent également la contribution la plus originale des Noirs à la culture américaine. La question noire hante l'Amérique depuis la création de la république en 1776. Comment un pays qui prétend incarner la liberté et la démocratie a-t-il accepté de traiter 20 % de sa population comme des citoyens de seconde classe jusqu'au milieu des années 1960?
       Voici les thèmes abordés pour chaque épisode : L'Amérique noire au début du 20e siècle; De la grande dépression au boycottage de Montgomery; Les années King et les droits civiques; De Malcom X aux Black Panthers; Des années 1970 à Obama. 

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À chaque épisode, je ne peux m’empêcher de me rappeler une anecdote survenue en thérapie de régression (vies antérieures).

Habituellement, les farouches détracteurs de la réincarnation ne manquent pas de ridiculiser cette notion en disant : «Mais oui, les réincarnationnistes s’imaginent tous avoir été des personnages célèbres comme Jules César, Louis XIV, Cléopâtre, etc.»

Ce n’est pas tout à fait ce qui se produit…
       1. Si quelqu’un en cours de régression s’identifie à une célébrité, la plupart du temps, c’est qu’il a tout simplement vécu dans l’entourage du personnage – un phénomène de transfert – on voit ça à tous les jours dans le présent...
       2. En régression nous retrouvons surtout des identités tout à fait anonymes, habituellement sans éclat. Et puis, personne n’a été totalement méchant ni totalement bon durant ses cycles d’incarnation – nous expérimentons les deux côtés de la médaille. Nous alternons entre les rôles de bourreaux, victimes et sauveurs, et de temps en temps nous sommes au «neutre». Ce faisant, nous acquérons des qualités (des défauts aussi), développons des talents, etc. Certains participants aux ateliers de régression bloquent l’information en rapport à leurs vies de bourreaux car ils ne sont pas prêts à y faire face. Parce que lorsqu’on est ouvert, on a parfois de méchantes surprises!  :-) 

Donc, lors d’un atelier de régression, nous revisitions des vies «marquantes» - bonnes ou mauvaises selon notre perception linéaire limitée.

À un certain moment, une participante a commencé à gémir sourdement. On sentait que ça venait directement des entrailles, comme si elle se faisait harakiri. L’animateur a aussitôt cessé de nous guider verbalement pour permettre à la personne, vivement perturbée, d’aller au bout de son expérience; cela faisait partie de l’exercice de groupe. Inutile de dire que nous sommes spontanément sortis de notre propre exploration, à l’écoute de ce qui se passait, allongés immobiles sur nos tapis de yoga. Silence de mort dans la salle.

Les gémissements de la femme se transformèrent bientôt en cris et hurlements, puis en pleurs d’une intensité peu commune. Je vous le jure, je n’ai jamais entendu, de ma vie, quelqu’un pleurer de cette façon et aussi longtemps. L’instructeur s’est doucement approché d’elle pour l’aider à réduire l’impact émotionnel – il voyait clairement le scénario dans son aura. Les choses se sont un peu calmées et nous sommes sortis de la salle pour laisser l’animateur poursuivre la thérapie individuelle.

Durant l’atelier de soirée, avec la permission de la participante, l’animateur nous a brièvement raconté l’histoire. En résumé, cette femme avait été un homme, membre du Ku Klux Klan, durant une vie antérieure. Revoyant en détail ses actes de cruauté envers les esclaves noirs et leurs conséquences, elle regrettait amèrement et n’arrivait pas à y croire. Voilà, ayant évolué entretemps, elle ne voyait plus les choses comme à l’époque où elle se pensait dans son bon droit d’agir de la sorte en raison de ses croyances.

Alors, les personnes qui se trouvent bonnes, justes et honnêtes dans cette vie-ci, n’ont pas de quoi se faire péter les bretelles, car c’est juste qu’elles ont appris leurs leçons. Quant à celles qui auraient envie de donner dans la machette et la gâchette, elles pourraient y réfléchir à deux fois, s’épargnant ainsi de désolantes vies futures à tenter de réparer

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Mortels, ils accomplissent l’immortalité.
~ Rig Veda

Extraits de : Renaissance et karma
Sri Aurobindo
Éditions du rocher, 1983

La première conclusion à laquelle nous sommes parvenus au sujet de la réincarnation est que la renaissance de l’âme dans des corps terrestres successifs, est une conséquence de la signification originelle de la manifestation dans la nature terrestre et de son processus; mais cette conclusion entraîne de nouveaux problèmes et de nouvelles conséquences qu’il est nécessaire d’élucider. La première question qui se pose est celle du processus de la renaissance; si celle-ci ne se produit pas en succession rapide, la naissance suivant immédiatement la mort du corps de manière à maintenir une série ininterrompue de vies pour la même personne, s’il y a des intervalles, cette question en entraîne une deuxième, celle du principe et du procédé de ce passage vers d’autres mondes où doivent se dérouler ces intervalles, et du retour à la vie terrestre. Une troisième question concerne le processus de l’évolution spirituelle elle-même et les mutations que l’âme subit lors de son passage de naissance en naissance, à travers les étapes de son aventure.
       Si l’univers physique était le seul monde manifesté, ou s’il était un monde complètement à part, la renaissance en tant que partie du processus de l’évolution se limiterait à une succession constante de transmigrations directes d’un corps à un autre; la mort serait immédiatement suivie d’une nouvelle naissance sans aucune possibilité d’intervalle : le passage de l’âme serait une circonstance spirituelle dans le déroulement ininterrompu d’une procédure matérielle obligatoire et mécanique. L’âme serait liée à la Matière; elle serait perpétuellement sous l’influence du corps, son instrument, et dépendrait de lui pour la continuité de son existence manifestée. Mais nous avons découvert qu’il y a une vie sur d’autres plans après la mort et avant la renaissance suivante, une vie qui est une conséquence de l’ancienne étape de l’existence terrestre et une préparation de la nouvelle.
       D’autres plans coexistent avec le nôtre, font partie d’un système complexe unique et agissent constamment sur le physique qui est leur état final et le plus bas, reçoivent ses réactions, admettent une communication secrète et un commerce avec lui. L’homme peut devenir conscient de ces plans, peut même, dans certains états, y projeter son être conscient, partiellement dans la vie, et donc – on peut le présumer – pleinement après la dissolution du corps. La possibilité d’une telle projection dans d’autres mondes ou plans d’être prend alors suffisamment de réalité pour devenir pratiquement une nécessité, cette projection suivant immédiatement et peut-être invariablement la vie humaine sur terre si l’homme est dès le début doué de ce pouvoir de se transférer, et plus tardivement s’il n’y parvient que par une progression graduelle. Car il se peut qu’au début il ne soit pas suffisamment développé pour transporter sa vie ou son mental dans de plus vastes mondes de la Vie ou du Mental, et qu’il soit contraint d’accepter une transmigration immédiate d’un corps céleste dans un autre : ce serait alors sa seule possibilité de subsister.
       La nécessité d’un interrègne d’une naissance à l’autre et d’un passage dans d’autres mondes découle de deux causes : l’être mental et l’être vital, dans la nature composite de l’homme, sont attirés vers d’autres plans en raison de leur affinité avec eux; un intervalle est utile ou même nécessaire à l’assimilation de l’expérience de la vie qui vient de se terminer, à la liquidation de ce qui doit être écarté, à la préparation de la nouvelle incarnation et de la nouvelle expérience terrestre.
       […] Notre croyance en la naissance d’une âme s’élevant jusqu’à la forme humaine et en sa renaissance répétée dans cette forme sans laquelle elle ne peut achever son évolution humaine se fonde, du point de vue de l’intelligence raisonnante, sur l’idée que le transit progressif de l’âme vers des degrés de plus en plus élevés de l’existence terrestre et ses naissances humaines répétées une fois qu’elle a atteint le niveau humain composent une séquence nécessaire à la croissance de sa nature; une vie humaine unique et brève sur la terre est évidemment insuffisante pour le dessein de l’évolution.
       […] L’oubli complet qui accompagne le retour de l’âme à la naissance n’est pas une règle générale. Particulièrement chez les enfants, de nombreuses impressions de la vie passée peuvent être assez vives et fortes, mais l’éducation et l’influence matérialisante de l’entourage empêchent leur vraie nature d’être reconnue. Un grand nombre de gens ont même des souvenirs précis d’une vie passée. Mais cette capacité, n’étant pas encouragée par l’éducation et l’atmosphère, ne peut demeurer ou se développer; dans la plupart des cas, elle est étouffée et disparaît. En même temps, il faut noter que ce que l’être psychique emporte avec lui et rapporte, c’est ordinairement l’essence des expériences qu’il a eues dans les vies précédentes, et non les détails, de sorte qu’on ne peut pas s’attendre à trouver là une mémoire semblable à celle que l’on a dans l’existence actuelle.
       […] Il est nécessaire de comprendre clairement la différence entre l’âme qui évolue (être psychique) et le pur Atman, Moi ou Esprit. Le moi pur est non-né, il ne passe pas par la mort et la naissance, ne dépend ni de la naissance ni du corps, ni du mental ni de la vie, ni de la Nature manifestée. Il n’est pas lié par ces choses, n’est ni limité, ni affecté par elles, bien qu’il s’en revête et les soutienne. L’âme, au contraire, descend dans la naissance et passe, au moyen de la mort – bien qu’elle ne meure pas elle-même, car elle est immortelle – d’un état à un autre, du plan terrestre à d’autres plans, puis revient à l’existence terrestre. Elle poursuit, par cette progression de vie en vie, une évolution ascendante qui la conduit jusqu’à l’état humain et fait évoluer, à travers tout cela, un être d’elle-même que nous appelons l’être psychique, qui soutient l’évolution et élabore une conscience humaine physique, vitale et mentale instrument de son expérience du monde et d’une expression d’elle-même travestie, imparfaite, mais croissante. Tout cela, elle le fait de derrière un voile, laissant paraître quelque chose de son moi divin seulement dans la mesure où le lui permet l’imperfection de l’être instrumental.
       […] Le karma n’est pas un mécanisme, il n’est pas la cause fondamentale de l’existence terrestre; il ne peut pas l’être car lorsque l’âme est entrée pour la première fois dans l’existence ici-bas, elle n’avait pas de karma. L’âme ne peut pas perdre toute conscience, car sa nature même est conscience. La conscience n’est ni perdue, ni abolie, elle est simplement recouverte d’abord par la prétendue Inconscience de la Nature matérielle, ensuite par l’ignorance à demi consciente du mental, de la vie et du corps.

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